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Génération Facebook?






Un article de Libération, le 13/07/2007

 Le miroir à deux Facebook

Internet. Ce réseau social, déjà riche de 24 millions d'utilisateurs désireux de tout dévoiler, va-t-il trop loin ?
ROUSSEL Frédérique

Il y a quelques jours, un courriel tombe dans la boîte aux lettres de l'auteur de ces lignes. Qui dit, en anglais : «Olivier vous a ajouté comme ami dans Facebook. Nous avons besoin que vous confirmiez que vous êtes réellement ami d'Olivier.» Suivait le lien ad hoc. Qui diable était donc cet Olivier ? Vague nostalgie remontée d'une cour d'école sous les peupliers. Et Facebook, quèsaco ? En un clic, je rejoignais l'immense communauté de «facebookers». Plus de 24 millions d'âmes sur la planète, 100 000 nouvelles recrues toutes les semaines. De quoi ne plus se sentir seul.
Espace. Site de réseau social, Facebook (trombinoscope en anglais) parie sur l'envie des gens d'échanger et de partager. En s'inscrivant, l'internaute décrit son profil, peut mettre en ligne sa photo, dire ses préférences sexuelles ou aussi décider de garder son profil secret pour le commun des «facebookers» et affiché pour ses proches. A chaque modification effectuée sur l'espace personnel, tout le monde est au courant que vous êtes en vacances, en voyage, etc. Cette réactualisation partagée peut donner lieu à des quiproquos. Thomas Crampton avait annoncé sur son Facebook son mariage. Avant de se raviser : trop intime. Il décoche la case marquée «Thomas Crampton est fiancé à Thuy-Tien Tran», ce qui envoit à ses amis le message suivant : «Thomas Crampton et Thuy-Tien Tran ne sont plus fiancés.» Drame.
Facebook permet aussi de mettre en ligne ses photos, d'écrire des notes, de laisser des messages aux amis, de décrire son humeur face au monde, voire de retrouver des gens. Comme Shandara le raconte sur son blog : «J'ai trouvé un cousin dont je connaissais l'existence mais ne l'avais jamais rencontré. Une tante aussi. Puis de fil en aiguille, j'ai trouvé un groupe sur ma ville de naissance(1).» Car on peut aussi former des groupes, sur des thématiques variées.
Le succès de Facebook, né dans le giron de Harvard en 2004, puis étendu aux autres universités et lycées, est spectaculaire. Fin 2005, il rassemblait plus de 17 millions de comptes, essentiellement anglophones. L'histoire a un air de déjà-vu : un étudiant, Mark Zuckerberg, bidouille un site dans sa chambre d'étudiant. L'invention emballe le réseau, L'étudiant devient dirigeant d'une start-up, à Palo Alto en Californie.
Goûts. Depuis septembre, Facebook, où on ne pouvait qu'entrer sur invitation, est ouvert à tous. En peu de temps, le site est devenu la sixième plus grosse audience après Google et le premier en partage de photos aux Etats-Unis. Tandis que les invitations affluent dans les boîtes électroniques de la planète, Facebook accroît ses potentialités. Ainsi, iLike, le site de recommandations de disques, permet aux facebookers de partager leurs goûts musicaux.
«Prédiction : Facebook sera le plus grand réseau social dans le monde», titre Paul Allen, cofondateur de Microsoft, sur son blog, en mai dernier (2). Car il ne faut pas s'y tromper, derrière l'amitié et les bons sentiments se cachent les gros sous. Pour Allen, ce pourrait «être la meilleure opportunité pour les entrepreneurs du Net des dix dernières années.» Quoi de plus rentable en effet qu'une communauté formée de dizaine de millions de membres, dont la moitié se connecte à son Facebook chaque jour ? Sa «viralité» est démoniaque. Il se dit que Facebook a détrôné Myspace autre site de réseau social. Sur un an, entre mai 2006 et mai 2007, Facebook a connu une augmentation de 89 % de visiteurs uniques, selon Comscore. Des écueils commencent à se faire jour et des juristes d'Internet s'alarment des problèmes de protection de la vie privée. Notamment à propos d'images postées qui n'étaient pas destinées à être vues par tout le monde. Seule parade : ne pas accepter la si délicate invitation d'Olivier.
(1) peeckwick. free. fr (2) www.paulallen.net

Classement des 25 sites "d'internet social" les plus visités



Un article de la CNIL 
(Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés)

Facebook et vie privée, face à face

16 janvier 2008

Facebook, et plus largement les réseaux sociaux sur internet, sont source de nouveaux enjeux en terme de protection de la vie privée. Ils offrent des services innovants, et généralement gratuits, souvent en contrepartie d’une utilisation commerciale de vos données personnelles. Une fois en ligne, les informations vous concernant sont plus ou moins largement diffusées, indexées et analysées. La vigilance s’impose
La CNIL se doit de rencontrer et conseiller les professionnels et plus particulièrement ceux qui développent des technologies innovantes impliquant le traitement de données personnelles. A ce titre, des représentants de la CNIL ont rencontré à l'automne dernier des représentants de Facebook afin d'évaluer les risques qu'un tel service peut comporter au regard de la protection des données.
Récemment, la CNIL a adressé un courrier à Facebook afin d'obtenir des compléments d'informations sur les fichiers mis en œuvre. Il est ainsi demandé des précisions sur les durées de conservations des :
  • données personnelles des membres de Facebook ;
  • adresses IP traitées ;
  • adresses de courrier électronique des personnes invitées par un membre.
De même, la Commission a souhaité avoir des informations sur la manière dont Facebook analyse les profils de ses membres afin de leur délivrer des publicités ciblées. Enfin, elle a souligné que les personnes concernées doivent être informées de la finalité des fichiers, des destinataires des données et de l'existence d'un droit d'accès et de rectification.
En effet, comme l'utilisateur ne maîtrise pas assez ces nouveaux outils, il apprend trop souvent à s'en servir à ses dépens. Par exemple, même quand l'outil est paramétrable, la configuration par défaut favorise souvent une diffusion très large des données,  si bien que des informations devant rester dans la sphère privée se retrouvent souvent exposées à tous sur Internet.
L'utilisateur n'est donc pas toujours conscient qu'en dévoilant des données sur sa vie privée, ses habitudes de vie, ses loisirs, voire ses opinions politiques ou religieuses, il permet aux sites de se constituer de formidables gisements de données susceptibles ainsi de provoquer de multiples sollicitations commerciales.
C'est pourquoi, la CNIL rappelle aux internautes qu'une grande vigilance s'impose concernant la nature des données mises en ligne et le choix des personnes qui pourront y accéder. En effet, la réputation de l'internaute peut être mise en cause, dans sa sphère privée ou professionnelle.


Un article d'un site spécialisé dans les emplois de l'informatique (lesjeudis.com)
26/10/2009

Cinq métiers pour les accros de Facebook


"Nous sommes lundi matin. Vous vous connectez sur votre page Facebook pour mettre votre statut à jour tout en commençant à jeter un œil sur les photos sur le profil de vos amis. Vous regardez les photos d’un week-end où l’un de vos amis a été taggué dans l’album d’une personne que vous ne connaissez pas. Vous cliquez à droite et à gauche, pour finalement vous surprendre à admirer les photos de mariage d’individus qui vous sont totalement étrangers !
Ces situations vous rappelleront sans doute quelque chose si vous avez l’habitude d’utiliser les réseaux sociaux comme Facebook…

Alors que la plupart des demandeurs d'emploi suivent les avis de spécialistes qui conseillent d’utiliser les média sociaux pendant sa recherche d’emploi comme outils de réseautage. Parallèlement, ces derniers avertissent également les utilisateurs sur le danger de ces outils souvent très addictifs et chronophages. - en particulier au travail –

Mais les temps changent. Facebook, Viadeo, LinkedIn, Twitter, Weavlink sont aujourd’hui des plates-formes d’échanges sur lesquelles les gens communiquent et interagissent les uns avec les autres. Un lieu ou entreprises et marques se doivent absolument d’être présentes. Résultats, bon nombre d'offres d’emploi dans le marketing en ligne par exemple exigent désormais un certain niveau d'expertise relatif à l’utilisation de ces médias sociaux.

Les médias sociaux en hausse

De plus en plus de sociétés se mettent à utiliser les réseaux sociaux comme Twitter, ou créer des blogs ou des pages sur Facebook, Twitter ou LinkedIn pour gagner en visibilité et proposer de nouveaux services à ses clients. Beaucoup d’entreprises voient dans l’utilisation des réseaux sociaux une opportunité de mieux communiquer avec ses collaborateurs et les candidats sur des sujets comme l'emploi, le marché et leurs actualités. De plus, pour une entreprise, avoir une page Facebook permet de trouver des candidats et accroître la visibilité de leur marque.

« Aujourd’hui, il ne s’agît plus de se demander s’il faut ou non être présent sur les réseaux sociaux, mais plutôt comment y parvenir… Les entreprises sont bien souvent impuissantes face à ces nouveaux médias chronophages. Ainsi de nouveaux métiers sont apparus, comme celui de community managers qui va prendre en charge l’animation des réseaux de l’entreprise afin d’assurer la visibilité de la marque tout en veillant à sa bonne réputation sur Internet. », explique Jean Mariotte, Cofondateur de Weavlink.

Pourtant, si les entreprises ont clairement compris l’importance d’une stratégie efficace sur les réseaux sociaux, ce n’est pas le cas pour toutes. En effet, la plupart des sociétés sont conscientes de la nécessité d’être présentes sur les média sociaux, mais la volonté ne suffit pas et faut il encore savoir comment tirer profit de cette présence. Voilà pourquoi les sociétés ont aujourd’hui de plus en plus besoin de personnes - comme vous - possédant des compétences autour du réseautage social.

Quels métiers pour les accros de Facebook ?

Si les réseaux sociaux n’ont plus de secrets pour vous, voici 5 métiers à prendre en considération lors de votre prochaine recherche d’emploi :


Consultant réseaux sociaux


De nombreuses sociétés sont à la recherche de stratégistes capables de les conseiller sur les meilleures manières de communiquer et d’utiliser les différents média sociaux. Le stratégiste est une véritable interface entre l’entreprise et les réseaux sociaux. Il aura en charge notamment la création et la mise en place d’une véritable stratégie de réseautage social en interagissant avec les autres utilisateurs afin d’accroitre la notoriété de la marque, de créer du buzz, d’augmenter le trafic sur les pages… Pour prétendre à ce poste, il est nécessaire d’avoir des expériences réussies dans le secteur, car les entreprises restent réticentes à confier l’image de leur marque à un débutant.


Assistant marketing réseaux sociaux


Voilà un métier particulièrement complet touchant au domaine des média sociaux et requérant entre autre une solide expérience marketing opérationnel et du web. L’assistant réseaux sociaux intervient à la frontière des métiers de community manager et de consultat. Il a pour rôle principal l’élaboration d’une stratégie marketing d’utilisation des réseaux sociaux tout en veillant au suivi de l’activité via des outils d’analyse et de reporting des communautés des différents réseaux sociaux et plate-formes.


Community manager (animateur de réseaux sociaux)

Pour toute entreprise ayant une présence sur internet, le contact et le suivi de l’utilisateur est une part très importante de sa stratégie online.
Que la société dispose d’un blog, d’un site web ou de pages sur Facebook, Twitter et LinkedIn, les Community manager interagissent directement avec les utilisateurs, répondant aux questions, analysant les problèmes et surtout, en gardant la trace des habitudes des utilisateurs.


Social media manager (Responsable réseaux sociaux)

A l’instar du consultant, les sociétés ont besoin d’une personne capable de coordonner les blogs, le marketing viral, les vidéos d’une marque… Cette personne doit avoir une expérience du management et de la gestion de projet autour des média sociaux. Le Social media manager doit sans cesse être à l’affût des nouvelles technologies et être connecté partout : blogs, RSS, Twitter, Facebook, MySpace, YouTube…

Chasseur de tête

Alors que les candidats utilisent déjà les réseaux sociaux depuis quelques années, les recruteurs, eux, les ont rejoints plus récemment. Les entreprises peuvent désormais retrouver leurs futurs candidats plus rapidement, et avoir un aperçu de leur personnalité avant chaque recrutement. Habitués à l’environnement des média sociaux, les candidats gardent en général une certaine authenticité dans les informations publiées sur leurs pages. En effet, ces derniers ne se sentent pas menacés comme ils le seraient lors d’un entretien et sont donc beaucoup plus sincères avec les recruteurs.


Trouver des offres d’emploi dans les media sociaux
Vous pensez peut-être qu’il est difficile de trouver des offres d’emploi concernant les réseaux sociaux? Pourtant, sur les sites d’offres d’emploi, de nombreuses annonces sont proposées sans toutefois contenir l’expression exacte “media social”.
Essayez par exemple avec les expressions suivantes: “marketing interactif”, “nouveau media”, “media manager” et vous serez sans nul doute redirigé dans la bonne direction."

 Quelques chiffres...
Les usagers de Facebook en France.
Ces chiffres proviennent du site "Sociabliz Demographer" et sont obtenus grâce à un outil de ciblage publicitaire.

 
 
 

Je vous renvoie également au dossier complet "Comprendre Facebook et l'Internet social" proposé par "nonfiction.fr"









Aventures



Aventure
:
Du latin vulgaire adventura (« ce qui doit arriver »), neutre pluriel substantivé (et compris comme féminin singulier) du participe futur de advenire (« arriver, se produire » → voir advenir). D’où le sens, en ancien français de « sort, destin », aujourd’hui désuet sauf dans la locution bonne aventure.



Sans détour, pas d'aventure... C'est d'ailleurs l'une des connotations premières du mot : l'aventure survient hors des sentiers balisés, elle s'offre à celui qui "part à l'aventure", sans but, sans trajectoire déterminée.
Elle est celle qui fonde le héros et le révèle ; ceci apparaît clairement dans cette réponse de Calogrenant, dans Yvain ou le Chevalier au Lion de Chrétien de Troyes (1176) :


- Je sui, fet il, uns chevaliers
Qui quier ce que trover ne puis;
Assez ai quis, et rien ne truis.
-Et que voldroies tu trover?
-Avanture, por esprover
Ma proesce et mon hardemant.
Or te pri et quier et demant,
Se tu sez, que tu me consoille
Ou d'aventure ou de mervoille.

"Je suis, dit-il, un chevalier qui recherche ce que je ne puis trouver ; j'ai beaucoup cherché, et rien ne trouvai .
- Et que voudrais-tu trouver?
- L'aventure, pour mettre à l'épreuve ma vaillance et mon audace. Aussi je te prie, te supplie, te demande de me donner des indications sur une aventure ou une chose extraordinaire dont tu aurais connaissance."

C'est l'aventure aussi qui crée le récit : sans détour et sans péripétie, pas d'histoire, pas de gloire, pas de héros, comme nous le rappelle Wace dans ces vers célèbres du Roman de Brut (1155) :

En cele grant pes que je di,
Ne sai se vos l'avez oï,
Furent les merveilles provees
Et les aventures trovees
Qui d'Artur sont tant recontees
Que a fables sont atornees.

Dans ce grand pays dont je vous parle [l'Angleterre] - je ne sais pas si vous en avez entendu parler- les merveilles furent prouvées, et les aventures trouvées, celles qui au sujet d'Arthur sont tellement racontées qu'elles sont devenues des légendes.

Le Héros est donc celui qui prend le risque du Détour et de ses dangers.
Lors de son voyage au royaume des morts (sur lequel je vous prépare une page), Dante rencontre l'âme d'Ulysse, puni pour avoir franchi les bornes du monde des hommes. Après son Odyssée, il n'est pas resté auprès de Pénélope, il a repris la mer, est reparti à l'aventure, s'est relancé dans le détour : magnifique définition de l'héroïsme de l'aventurier.


Dante, La Divine Comédie, "L'Enfer", chant XXVI :

« Ayant abandonné Circé, qui plus d'un an
me retint dans ses rets, là-bas, près de Gaète
(qui n'avait pas ce nom, imposé par Énée),

ni le très grand amour que j'avais pour mon fils,
ni l'amour filial, ni la foi conjugale
qui devait rendre heureux le cœur de Pénélope

n'ont été suffisants pour vaincre en moi la soif
que j'avais de savoir tous les secrets du monde,
tous les vices de l'homme, ainsi que ses vertus.

Je repris donc la mer et partis vers le large,
avec un seul navire et la petite troupe
qui n'avait pas voulu m'abandonner alors.

J'ai couru les deux bords jusqu'au bout de l'Espagne,
la côte du Maroc et l'île de Sardaigne
et les autres pays qu'entoure cette mer.

Mes compagnons et moi, nous étions vieux et las
au moment d'arriver à cet étroit passage
qu'Hercule au temps jadis signala de ses bornes,

pour dire que personne au-delà ne s'avance ;
nous avions dépassé Séville à notre droite,
après avoir laissé Ceuta sur notre gauche.

« Mes frères, dis-je alors, après cent mille écueils,
nous voici parvenus au bout de l'Occident !
Mais ce bref lumignon du soir de notre vie,

mais ce souffle dernier qui nous demeure encore,
pourront-ils reculer, devant la découverte
qui nous attend, à l'ouest, du monde sans humains ?

Considérez plutôt vos nobles origines :
car vous n'êtes pas faits à l'image des bêtes
mais conçus pour aimer la science et le bien ! »

J'avais, par ce discours, rendu mes compagnons
tellement désireux de me suivre partout,
que je n'aurais plus su comment les retenir.

Tournant la poupe alors du côté du matin,
pour notre vol de fous les rames furent ailes,
et nous voguions à l'ouest en prenant sur la gauche.

Déjà la nuit venait nous montrer les étoiles
d'un pôle différent, le nôtre étant si bas,
qu'il ne surgissait plus des profondeurs de l'eau.

Cinq fois s'est allumée et cinq fois s'est éteinte
la face de la lune où l'on voit la lumière,
depuis que nous glissions sur l'immense Océan,

lorsque sur l'horizon nous avons aperçu
un grand mont noir au loin, qui paraissait plus haut
que toutes les hauteurs que j'avais déjà vues.

Nous criâmes de joie, et bientôt de douleur,
car un orage vint de la terre nouvelle
et s'abattit soudain sur l'avant de la nef.

Il la fit tournoyer trois fois sur l'eau mouvante ;
à la quatrième fois il souleva la poupe,
comme un autre voulait, submergeant notre proue,

jusqu'à ce que la mer se refermât sur nous. »

Ce sont ces vers que cite Godard lors de la scène de projection des rushs dans Le Mépris :

Labyrinthes

(Labyrinthe d'Ashcombe, Australie)

Je vous renvoie à l'article très complet de Wikipedia sur ce sujet.
Dans le cadre du Détour, nous retiendrons bien entendu la fonction initiatique du labyrinthe, que l'on retrouve dans de nombreuses cultures et religions. Se perdre pour se trouver et se révéler. C'est l'art du détour qui fait de Thésée un héros.

(Maître des Cassoni Campana, Thésée et le Minotaure, entre 1510 et 1520)

De même, dans Harry Potter et la Coupe de Feu, le labyrinthe constitue l'épreuve ultime et un lieu d'initiation : il est significatif qu'à l'intérieur du cycle, qui relève du roman d'apprentissage, ce tome soit celui consacré au passage de l'enfance à l'adolescence (découverte de l'amour et du désir notamment) ; de même, c'est au coeur du labyrinthe que le héros fera pour la 1ère fois réellement face à son ennemi. Mais le labyrinthe n'est pas sans danger, comme le prouve la mort de Cédric Diggory.

(Harry Potter et la Coupe de Feu, adaptation de Mike Newell, 2005)


Le célèbre labyrinthe de la Cathédrale d'Amiens, parcouru à genoux par les fidèles comme un pèlerinage symbolique :



Celui de la Cathédrale de Chartres

Contes et Détour : Le Petit Chaperon Rouge

Morceaux choisis

"- Toutes ces jolies fleurs dans le sous-bois, comment se fait-il que tu ne les regardes même pas, Petit Chaperon rouge ? Et les oiseaux, on dirait que tu ne les entends pas chanter ! Tu marches droit devant toi comme si tu allais à l’école, alors que la forêt est si jolie !
Le Petit Chaperon rouge donna un coup d’oeil alentour et vit danser les rayons du soleil à travers les arbres, et puis partout, partout des fleurs qui brillaient. “ Si j’en faisais un bouquet pour grand- mère, se dit-elle, cela lui ferait plaisir aussi. Il est tôt et j’ai bien le temps d’en cueillir. ”
Sans attendre, elle quitta le chemin pour entrer dans le sous-bois et cueillir des fleurs ; une ici,
l’autre là, mais la plus belle était toujours un peu plus loin, et encore plus loin dans l’intérieur de la forêt."
(Les frères Grimm, 1812)

"Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge." (Perrault, 1697)

"Il était une fois une adorable petite fille que tout le monde aimait rien qu’à la voir, et plus que tous, sa grand-mère, qui ne savait que faire ni que donner comme cadeaux à l’enfant. Une fois, elle lui donna un petit chaperon de velours rouge et la fillette le trouva si joli, il lui allait si bien, qu’elle ne voulut plus porter autre chose et qu’on ne l’appela plus que le Petit Chaperon rouge. " (Les frères Grimm, 1812)

"Mais pour ce qui est du Petit Chaperon elle se jura : Jamais plus de ta vie tu ne quitteras le chemin pour courir dans les bois, quand ta mère te l’a défendu. " (Les frères Grimm, 1812)

(Gustave Doré)



Vous trouverez ici une présentation intéressante et précise des différentes versions et interprétations de ce conte célèbre.

(Gustave Doré)

Le Petit Chaperon Rouge nous prévient des dangers du détour... mais la petite fille ne doit-elle pas accepter de quitter le chemin tracé par sa mère et sa grand-mère pour devenir adulte?





C'est l'interprétation psychanalytique que propose Bruno Bettelheim ( Psychanalyse des contes de fées , 1976) de ce conte, qui pour lui symbolise les tensions auxquelles est confrontée la petite fille lors de la puberté : découverte de la sexualité, faite d'attirance et de répulsion ; conflit oedipien : comment "tuer la mère", c'est à dire s'affranchir du modèle maternel pour devenir à son tour une femme? ambiguïté de la figure masculine, celle du séducteur, que l'on désire mais qui effraie, celle du père, qui rassure mais qu'on ne doit pas désirer...
Vous pourrez trouver ici une présentation des analyses de Bettelheim sur ce conte.